PASSIONCONFIFI – Frédéric D. Oberland


L’interview confifi de Frédéric D. Oberland est là !


Ton actu à venir ?

Pour l’instant, rester à la maison, comme beaucoup. Les dernières dates de la tournée de Oiseaux-Tempête ont été annulées pour cause de confinement, reportées à la rentrée pour certaines ; dans l’intervalle, on compose en télétravail une bande originale électronique pour un long-métrage grec. J’en profite aussi pour enregistrer quelques morceaux pour un éventuel troisième disque solo, ou éditer mes photos… Avec les collègues, on vient de finir à distance le mix d’un nouveau FOUDRE!, on écoute les rushes studio du prochain Réveil des Tropiques. Et puis les sorties à venir de NAHAL Recordings, ainsi qu’un album en duo avec la vocaliste slovène Irena Z. Tomazin, « ARBA, DÂK ARBA », conçu originellement pour une installation photographique de l’artiste Fanny Béguély et à paraître en vinyle chez les suisses de Hallow Ground, en juin si tout va bien.

 

– Ta série/ton film confinement ?

En série > « Black Mirror » —comment trouver une occasion plus dystopique que ces deux mois de confinement mondial pour dévorer, en toute bonne conscience enfin, les quatre premières saisons ? Inégales sur la longueur, mais certains épisodes, à quelques encablures tout juste de notre réel, en sont remarquablement glaçants…

En film > « Le Globe d’Argent » de Andrezj Zulawski,  un chef-d’oeuvre de science-fiction inachevé pour cause de censure, quelque part entre « Stalker » de Tarkovski, « Dune » de Lynch et « Il est difficile d’être un dieu » de Guerman.

 

 

Ton album confinement ?

Tous les morceaux (et les artistes) liés à cette mixtape, même si j’avoue avoir eu du mal certains jours à écouter quoi/qui que ce soit… Le silence trop pesant du dehors, la désorganisation et les mensonges à tiroirs du gouvernement, l’angoisse d’un « après » encore plus sécuritaire (mais pas sécurisé) et fatalement toujours plus rude pour les plus fragiles d’entre nous…

Coïncidence heureuse, un synthé polyphonique que j’attendais ardemment comme le Père Noël, un Deckard’s Dream, est venu égayer mon home-studio ! C’est surtout ce nouveau compagnon,  basé sur le mythique CS-80 de Vangelis, que j’ai beaucoup écouté ces dernières semaines…

 

 

Ton livre confinement ?

Tout juste entamé, « Manières d’être vivant » de Baptiste Morizot. Voici ce qu’en dit Alain Damasio dans sa postface : « Et puisque le vivant est en nous, au coeur de nos lymphes et de nos ventres microbiotes, en nous comme ascendances animales qui grondent et se font jour dans une myriade d’accès cognitifs et de perceptions filantes, en nous encore en tant que le vivant est notre commun miracle et notre commune expérience, quoi d’étrange à ce qu’il y crépite en intercept de la pensée ? Ce par quoi elle s’électrise, trace ses frayages, intersecte nos routes — et nos routines trouent ». Cela me paraît le moment plus qu’opportun pour se plonger dans ces vivantes promesses.

 

L’après confinement ?

Alors là… L’après paraît encore tristement lointain en ce qui concerne la possibilité de futures orgies musicales dirait-on, avec l’annulation de nombres de festivals et de concerts cet été… Du coup, je prendrais ce qu’il y a, en espérant que ce soit à la hauteur de la frustration ! Quoi, une fête mémorable à Petit Bain ?  Pour le resto, si quelqu’un sait en attendant comment se procurer au marché noir une soupe de raviolis de crevettes de chez Mirama ? En ce qui concerne les retrouvailles avec tous les amis, je crois qu’on n’a pas fini de se serrer dans les bras lorsque nous serons de nouveau réunis, à l’air libre !  Aurons-nous changé ?

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